Internet et sécurité du citoyen

Par Édouard G. Trépanier |

L’Internet… Ça fait maintenant un quart de siècle qu’il est présent dans la vie de la majorité d’entre nous. Au début, il ressemblait à un média de communication imprimé, aujourd’hui, il devient audiovisuel.

Internet diffère des autres médias de masse parce qu’il permet à l’utilisateur de s’exprimer. Les journaux, les magazines, la radio et la télévision sont plutôt à sens unique. Il est donc plus facile pour les autorités d’un pays d’établir des limites à ne pas franchir (diffamation, appel à la violence, fausses nouvelles, accusation non fondée, etc.) en s’adressant aux quelques propriétaires d’entreprises de publication et de diffusion.

Mais voilà, Internet traverse les frontières sans ambages : le premier média global. Une nation peut bien vouloir y imposer ses lois, mais comment y arriver si la dérogation vient d’ailleurs ? Il aurait fallu, dès l’an 2000, lancer une réflexion sur la liberté d’expression multidirectionnelle et créer une coalition de nations, afin d’appliquer une réglementation pratiquement universelle. Malheureusement, les pays n’atteignent pas le même niveau de développement en même temps. Faute d’avoir saisi l’occasion d’éduquer l’utilisateur, afin qu’il comprenne bien les raisons pour lesquelles il y a des « limites à ne pas franchir », on a préféré laisser faire. Aujourd’hui, chacun doit user d’habiletés de contournement des insultes, des menaces, des fausses nouvelles et des fraudes. Des crapules influencent même les élections démocratiques en faisant la promotion de l’autoritarisme. Ils désinforment et ils polluent le concept de liberté d’expression.

Divers pays industrialisés commencent à former des escouades de forces de l’ordre, spécialisées en cybersécurité, qui visent à dénicher les auteurs de crimes majeurs. On progresse lentement mais sûrement. Par contre, il restera toujours les pays voyous. Dans ce cas-ci, ce sont des commandos militaires qu’il faut former à la cyberguerre.

Le 28 avril 2022, les États-Unis ont annoncé une entente avec 60 autres pays, autour d’un texte appelé « Déclaration sur l’avenir de l’Internet » (Declaration for the Future of the Internet). On y fait profession de foi en un Internet unique et public, d’accès équitable et qui, en respectant la vie privée, les droits de la personne et la liberté d’expression, favorise une concurrence saine. Cet engagement de principe reconnaît aussi à chaque pays le droit de réglementer Internet conformément à son droit national. Selon la Déclaration, ce système de communication et de commerce planétaire devrait toujours tendre vers la plus grande liberté, l’innovation et l’éducation. Comme la Russie, la Chine, la Corée du Nord ou l’Iran ne sont pas signataires, on peut comprendre que la cyberpaix n’est pas pour demain.

Pour sa part, l’Union européenne a voté deux lois, cette année : la « Digital Services Act« , qui protège les droits des utilisateurs (principalement la vie privée) et la « Digital Markets Act« , qui veille à ce que la concurrence demeure saine dans le monde numérique (principalement le démantèlement des monopoles). Les États-Unis apprécient un peu moins, car les entreprises monopolistiques, comme Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (GAFAM), pourraient se voir imposer des amendes allant jusqu’à10 % de leurs revenus globaux.

« Mieux vaut tard que jamais ! » disait un ancêtre. Peut-être verrons-nous, vers 2030, un Internet plus sécuritaire et respectueux et, pour ces nombreux commerces qui voudraient bien s’y tailler une place, une concurrence plus saine et, qui sait… l’avancement de la démocratie.

Énergies vertes

L’Europe se dirige vers une pénurie d’énergie dans les prochaines semaines. L’hiver pourrait être glacial pour nos amis. C’est en grande partie à cause du conflit armé qui s’y déroule. La leçon qu’on devrait en tirer : on ne doit plus se mettre en position de dépendance envers des nations qui ne partagent pas nos valeurs.

En Amérique, malgré la législation monumentale baptisée « Inflation Reduction Act » dont l’objet principal est de relancer l’économie avec la création et la réparation d’infrastructures, tout en respectant mieux l’environnement, il est évident que les États-Unis vont encore longtemps compter sur l’énergie fossile. Le lobby du pétrole est une force considérable. Le Canada, aussi, continuera d’être une économie assise sur l’or noir. Enfin, les Québécois, branchés sur l’électricité vert pâle, croyaient posséder assez d’électricité, puisque nous en vendons. Mais dans les faits, nous pourrions en manquer d’ici 2030, si nous ne faisons rien.

C’est pourquoi, chers lecteurs influents que vous êtes, je vous présente quelques suggestions de production d’énergie durable et respectueuse de l’environnement. Vous pouvez répandre la parole.

  • Afin de moins noyer de territoire, on pourrait construire des barrages à deux bassins, dont l’un servirait à fournir de l’électricité au réseau lorsque la demande est forte, alors qu’en période de demande moindre, l’énergie hydraulique servirait à pomper l’eau du second vers le premier. Ainsi, on recycle la ressource et, s’il y a sécheresse, on conserve le pouvoir hydroélectrique.
  • On entend parler d’hydrogène ces temps-ci. Qu’il soit sale, propre ou de toutes les couleurs, c’est le même. L’hydrogène vert est simplement produit avec de l’électricité provenant de sources renouvelables.  C’est tout de même un peu curieux qu’on ait besoin d’une grande quantité d’énergie électrique pour produire un gaz que l’on transformera ensuite… en électricité.  Peut-être existe-t-il des situations de mobilité où les batteries sont moins pratiques que des réservoirs sous pression ?  Par exemple, le transport lourd comme les navires, et si possible, le service électrique aux régions du Grand Nord.

Le soleil peut fournir plusieurs fois toute l’énergie nécessaire sur Terre.  Mais il faut une quantité colossale de batteries pour compenser la nuit ou le temps nuageux.  Pas pratique non plus dans les pays nordiques ou ceux affectés par trop d’humidité (nuages). Par bonheur, la récupération des batteries mobiles (automobile) en batteries Mixes, pour conserver l’énergie solaire ou éolienne, réduit le besoin de nouvelles batteries. A~ l’heure actuelle, il existe également de nombreux prototypes de batteries moins polluantes, moins chères, plus énergisantes et plus respectueuses des droits de la personne (moins d’exploitation humaine pour extraction des terres rares). Certaines de ces technologies paraissent prometteuses. Compte tenu de la demande en croissance exponentielle, je prévois une multiplication de méthodes propres de production de batteries dans la prochaine décennie. L’énergie éolienne en profitera pleinement.

  • Comme pour les sous-marins et les porte-avions, on pourrait compter sur le nucléaire.  D’ailleurs, on fabrique maintenant des mini-réacteurs qui ne coûtent pas le prix des grandes centrales et ne prennent que peu de temps à construire. La sécurité de la conversion de petites quantités de déchets nucléaires s’est beaucoup améliorée. Nous continuons aussi à tabler sur la mise au point de la fusion nucléaire, qui ne produira pas de déchets.
  • Il reste la géothermie. Elle ne coûte rien en carburant. Pour l’avoir expérimenté moi-même, je peux vous assurer que l’utilisation de la chaleur contenue dans la terre est un système efficace. Il faudra probablement dénicher des investissements importants pour développer une filière de fabrication d’appareils (économie d’échelle) qui permettraient le chauffage et la climatisation de résidences et groupes d’immeubles. On pourrait même utiliser les vieux puits de pétrole ou de gaz naturel pour réduire les coûts initiaux du forage. De bons emplois d’ailleurs pour les ouvriers du pétrole. Si les puits sont trop loin, on peut utiliser les écarts de température (profondeur et surface) pour comprimer l’air en un liquide, afin de faire tourner, ailleurs, une turbine. Au fait, pourquoi ne pas s’en servir pour installer des bornes électriques en milieu rural ?
  • Enfin, une ressource sur laquelle nous détournons le regard. Que produisons-nous tous les jours de notre naissance à notre mort ? Mesdames et messieurs : de la merde. On essaie de s’en débarrasser au plus vite, mais on pourrait la rentabiliser. Nous avons déjà l’infrastructure pour récupérer les solides à l’usine d’épuration des eaux usées. Il ne reste qu’à chauffer et à comprimer le produit. Voilà que nous aboutissons avec un charbon aseptisé qui ne génère pas de CO2. Ce combustible aiderait davantage les pays qui utilisent des usines à charbon, comme ceux qui sont en transition d’ailleurs. Les autres nations de vert électrifiées deviendraient exportatrices.  Ensuite, avec ces revenus, on pourrait construire à la chaîne des usines d’épuration d’eau à installer partout où l’on rejette encore le contenu des égouts dans nos cours d’eau.  Du coup, pourquoi ne pas entreprendre la construction d’un réseau séparé des eaux pluviales ? On éviterait ainsi les refoulements et les débordements d’usines d’épuration, que les déluges vont inévitablement nous apporter.

Et je n’ai pas encore parlé de l’économie d’énergie ou de récupération du CO2… mais ce sera dans le tome II des aventures de Nunaliq.

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