*** Attention – Oyez – Yo ***
Par Édouard G. Trépanier |
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Chers amis(es) lecteurs(trices), je vous invite à faire suivre l’adresse du site (URL) à tous vos amis(es) ou membres de votre famille qui s’intéressent à l’avenir de notre société, en n’oubliant pas les plus jeunes, qui doivent faire face à un bouleversement social qui va durer encore quelques (ou plusieurs) années.
CE MOIS-CI : Énergie renouvelable ; où en sommes-nous ?
Nous connaissons tous des personnes optimistes et d’autres, plutôt pessimistes. Des amis me disaient récemment : « L’énergie verte ne sera jamais suffisante pour remplacer l’énergie fossile. » C’est pourquoi je tente ici de faire le point sur la production d’électricité dans le monde, et ses effets sur les dérèglements climatiques. Je m’inspire principalement du Rapport 2023 de l’Agence internationale de l’énergie (disponible en anglais à https://www.iea.org/reports/electricity-market-report-2023), dont 31 pays sont membres ; parmi eux le Canada, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Norvège, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Suisse, le Japon, l’Australie, la Corée, etc.
Bonne nouvelle
Les énergies renouvelables vont devenir la première source d’électricité dans le monde dès 2025. Aujourd’hui, le charbon produit 33 % de l’électricité et le gaz naturel, 29 %. Si, comme l’Agence internationale de l’énergie, on inclut le nucléaire dans l’énergie renouvelable, ces sources vertes atteindront ensemble 45 % en 2025. Bon, ce ne sera peut-être pas encore le temps de célébrer, puisqu’on n’aura pas atteint le 50 %, mais au moins, et malgré la croissance de la demande en électricité, on aura atteint un plateau d’émanation de gaz à effet de serre pour jouir de l’électricité dont nous avons besoin. À partir de là, nos besoins en électricité ne vont plus accentuer le réchauffement de la Planète.
Maintenant, passé le plateau d’émanation de gaz à effet de serre, il faut s’attaquer à en réduire la quantité. Pour ça, nos gouvernements doivent s’engager encore plus résolument qu’aujourd’hui dans la décarbonisation.
Concernant la source nucléaire, précisons un peu. Il y a quelques années, bien des militants luttaient contre cette façon de produire de l’électricité, principalement à cause des risques associés au danger permanent des déchets radioactifs. Mais depuis lors, on s’est rendu compte que le problème des gaz à effet de serre était plus important et plus urgent, pour l’humanité, que le risque encouru par cette radioactivité. Alors, ces mêmes militants protestent maintenant lorsqu’on annonce la fermeture d’une centrale nucléaire. Intéressant d’ailleurs de noter qu’une entreprise ontarienne mettra en production, dans les cinq prochaines années, un réacteur nucléaire de très petite taille et beaucoup moins vulnérable qu’une grande centrale
(https://news.ontario.ca/fr/release/1002543/lontario-au-premier-rang-du-developpement-de-petits-reacteurs-modulaires). Ce produit pourrait ensuite se vendre partout avant la fin de la décennie. Voilà pour le panorama mondial.
Aux États-Unis, le charbon poursuit sa chute vertigineuse. D’un pic de 318 Gigawatts d’énergie, en 2011, ce chiffre se situe à 184 GW en 2023 (soit moins de 17% du mix total), remplacé en grande partie par le gaz naturel, mais également par des centrales solaires et éoliennes qui composent, en 2022, 60% des nouveaux projets de génération d’électricité. On va bientôt inaugurer une nouvelle centrale nucléaire chez nos voisins du sud (ainsi que 22 en Chine et 60 dans le monde). Washington entend aussi permettre la construction de plusieurs minicentrales en particulier dans les régions éloignées, ainsi que pour suppléer au solaire et à l’éolien. (Source : Daily Pnut, 2 mai 2023)
Regard sur le Canada : la bonne nouvelle devient ici moins joyeuse. Selon des données compilées par la maison de recherche SpringBoard (https://www.springboarddm.com/) pour le compte d’un groupe d’ONG environnementales, le Canada fournit 14,5 fois plus de soutien à l’industrie des combustibles fossiles qu’à celle des énergies renouvelables (source : Élisa P. Serret, Société Radio-Canada, 4 avril 2022). Les banques (Royale, Scotia, CIBC, TD et Banque de Montréal) confirment, dans un rapport intitulé « Banking on Climate Chaos », que le financement des combustibles fossiles a atteint, en 2021, un montant combiné de 61 milliards de dollars. Si le Canada vise toujours à produire l’énergie dont il a besoin conformément à son engagement de zéro émission de carbone d’ici 2050, il devra établir, pour chacune des années à venir, cinq fois plus de parcs éoliens et solaires que ce qu’il a inauguré en 2022.
Croissance de la demande d’électricité
La croissance de la demande en électricité dans le monde a été jusqu’à récemment d’un peu plus de 2 % par année, mais elle dépassera 3 % après 2025. Environ 90 % de cette demande accrue sera suppléée par des sources d’énergie vertes. Maintenant, l’intensification des événements climatiques comme les sécheresses vécues en Europe, en Inde et en Chine en 2022 (en voie de se produire à nouveau en 2023) pourraient engendrer une demande supplémentaire en électricité, ce qui pourrait signifier une forte utilisation du charbon et du gaz naturel. Quoiqu’il en soit et malgré les inconnus, le point de bascule vers une production d’électricité, qui contribue à diminuer les gaz à effet de serre, est à nos portes. Parions qu’en 2030, plus de la moitié de la production d’électricité dans le monde proviendra des énergies vertes et renouvelables.
Transport et électricité
Le transport des personnes et des marchandises dans le monde a un besoin insatiable de pétrole. L’électrification des transports ne fait que commencer. Mais si l’électricité produite provient à majorité de sources d’énergie vertes, la demande croissante d’électricité pour le transport signifiera, au net, une réduction des gaz à effet de serre.
Pour le moment, le transport compte pour environ 45 % de la production des gaz à effet de serre. Voilà pourquoi la majorité des pays ont mis en place un ou des programmes d’électrification des transports, interdisant la vente de véhicules légers au pétrole entre 2030 et 2035. Pour les gros camions, la machinerie lourde, le train, les navires et les avions, on cherche encore les formules efficientes ; plusieurs y travaillent.
Questionnement sur le transport électrique
Certains critiquent la fabrication des véhicules électriques à cause du besoin croissant de terres dites « rares » (pas vraiment rares) pour fabriquer des batteries et des aimants utiles aux moteurs électriques. Précisons d’abord que le lithium n’est pas une « terre rare » et que l’on en fait de moins en moins usage dans les batteries d’auto. On commence d’ailleurs à le recycler en conservant 95 % du contenu des batteries usagées pour faire des batteries neuves. L’usine de Redwood au Nevada et celle de Lithion Reclycling à Montréal promettent d’être des pôles continentaux de ce recyclage. D’autres, comme Tesla, croient davantage à la réutilisation des batteries d’auto pour des applications non mobiles.
Bon, revenons brièvement aux « terres rares ». Elles sont utilisées principalement pour leurs propriétés électroniques, magnétiques, catalytiques, optiques, luminescentes et mécaniques, par exemple, pour fabriquer les catalyseurs d’auto, certains alliages métalliques, de la céramique, les écrans plats, les lampes DEL, les disques durs d’ordinateurs, les pompes à chaleur, les climatiseurs, les ailettes de turboréacteurs, ainsi que pour des applications frigorifiques, de lasers, des radars, ainsi que les micros-moteurs (lève-vitres et essuie-glaces), et bien autre chose. Le néodyme, le dysprosium et le samarium servent à fabriquer les aimants nécessaires dans les petits moteurs de nos frigos, aspirateurs, lessiveuses, lave-vaisselle, mais aussi dans les moteurs d’automobiles hybrides (plus petits) et les moteurs de certaines voitures à haute performance. Enfin, concernant le cobalt, le problème provient du fait que la République Démocratique du Congo est le premier producteur et que ses 150 000 mineurs artisanaux sont exploités : graves dérogations aux droits de la personne, travail des enfants, travaux forcés et même exploitation sexuelle. Pour ne pas perdre ce marché à d’autres pays, le gouvernement de la RDC et des ONG font maintenant des efforts pour améliorer les conditions de travail, organiser les travailleurs et établir un prix équitable. Sans vouloir en minimiser l’effet néfaste (toute activité humaine laisse une empreinte carbone), on doit savoir que, compte tenu du coût relativement élevé de ce minerai, les fabricants de batteries s’efforcent de minimiser la teneur en cobalt. Les cathodes des batteries de autos électriques de première génération contenaient 33 % de cobalt, aujourd’hui c’est 15 à 20 %. Déjà, les cathodes des batteries de Tesla n’en contiennent que 5 %. La nouvelle génération de batteries sur le marché chinois sera celle au sodium, au nickel-fer aluminium ou au phosphate de lithium et de fer. Elles ne contiennent plus de cobalt. Enfin, intéressant de noter que le Gouvernement du Québec (Informations et services gouvernementaux) écrit : « Le sous-sol du Québec regorge de divers minéraux d’avenir comme le cuivre, le graphite, le niobium, le zinc, le cobalt, le nickel, le titane et le lithium. Aussi appelés minéraux critiques et stratégiques, ces minéraux sont indispensables pour soutenir la transition énergétique et technologique du Québec. »
Conclusion
Le monde de demain (horizon 2030 à 2050) aura besoin de beaucoup d’électricité, mais l’alimentation des maisons, des immeubles, des usines et même du transport proviendra principalement des énergies renouvelables. Ce progrès cadre parfaitement avec la vision de la société du XXIe siècle élaborée dans « Les Assises de Nunaliq ».



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