Réinitialisation de la finance mondiale
Par Édouard G. Trépanier |
Le système mondial de la finance et de fluctuation des devises, comme nous le connaissons à l’heure actuelle, a été mis en place lors d’une rencontre des représentants de 44 pays en 1944, à l’hôtel Bretton Woods, dans le New Hampshire. C’est le Britannique John Maynard Keynes qui a le plus contribué à élaborer le modèle. Sans surprise, les États-Unis qui contrôlait alors le deux tiers des réserves mondiales d’or obtiennent la fixation d’un prix fixe (35 $ l’once) en dollars américains, avec l’accord du Fonds monétaire international (« FMI ») et de la Banque mondiale. Le dollar devient donc la devise de référence pour les grandes transactions autour du globe. En 1971, les États-Unis enregistre, pour la première fois au XXe siècle, un déficit commercial. Le Président Nixon annonce la fin de la convertibilité fixe de l’or en dollars.
Le 15 octobre dernier, la directrice du FMI à Washington, Kristalina Gueorguieva, inscrit pour discussion à l’ordre du jour du Forum économique mondial 2021, un document intitulé « Un nouveau moment Bretton Woods ». Elle en fait d’ailleurs un discours aussi publié par le FMI. Par ailleurs, un groupe appelé « Purpose Disruptors » semble avoir pris la relève du message avec son mouvement qui s’appelle « The Great Reset » (la grande réinitialisation). Il s’agit d’environ 1200 collaborateurs provenant du milieu du marketing et de la communication qui travaillent notamment sur les changements climatiques. Cet organisme accroit son influence parmi ceux qui souhaitent de profonds changements sociétaux. L’idée originale provient probablement d’un livre de 2015 intitulé « The Big Reset » par Willem Middelkoop. Selon cet auteur, l’or pourrait être réinstauré comme étalon de la richesse nationale. La Banque du Canada suit de près l’évolution du concept, parce que depuis 2016, la dette mondiale est en forte croissance. J’explique, dans Les Assises de Nunaliq, qu’il existe de nombreuses autres raisons pour lesquelles la finance mondiale, comme on la connaît, ne peut plus tenir le coup (l’assouplissement quantitatif par ex.)
Contagion
Voici les sept questions que tout microbe contagieux pose à nos nations :
- L’État est-il prêt à affronter une épidémie (épidémiologistes, manuel d’instruction et équipement de protection à sa disposition) ?
- Votre nation possède-t-elle les scientifiques et l’infrastructure nécessaire pour identifier les personnes infectées ?
- Êtes-vous suffisamment bien organisé (technologie numérique aidante) pour retracer les contacts récents des personnes infectées ?
- Le système national de santé est-il assez souple pour traiter un afflux de malades ?
- Vos pourvoyeurs de services médicaux sont-ils assez clairvoyants pour apprendre rapidement à propos d’un nouveau virus, et pour améliorer promptement les protocoles de traitement des malades ?
- Le corps médical sait-il travailler avec les chercheurs du monde entier afin de trouver, le plus rapidement possible, les moyens de prévention (vaccins par ex.) et les remèdes de plus en plus efficaces ?
- Traitez-vous vos citoyens les plus vulnérables de façon à ce qu’ils vivent, qu’ils soient soignés et qu’ils puissent mourir dans la dignité ?
Immigration
Quatre-vingt-six pour cent des 23 millions de réfugiés de la Planète sont dans des pays en voie de développement. Le nombre de gens déplacés par les conflits et les désastres est de 40 millions. Soixante-dix millions de personnes sont à risque d’inondation, parce qu’ils demeurent trop près ou au même niveau que les océans. (Source : « International Organization for Migration », une ONG sise en Suisse depuis 1951 et qui opère dans plus de 100 pays.) Nous ne sommes pas protégés de ce phénomène en Amérique du Nord. À l’émission de CNN qui s’appelle GPS (Fareed Zakaria, dimanche à 10 h) du 20 septembre dernier, le reporter Abrahm Lustgarten (ProPublica) nous rappelait que la moitié des Américains vont devoir quitter leur région et 30 millions de Sud-Américains vont exiger d’immigrer d’ici 2050. Au total, 2 milliards de personnes vont devoir partir pour un monde meilleur d’ici 2100.
Certains pays résisteront à la force migratoire en tentant de bâtir des murs militarisés. D’autres seront envahis au prix de leur culture. Les plus sages vont sécuriser leurs frontières, mais vont accepter de grands nombres de réfugiés. Sans spécifier de nombres, l’ONU devra élaborer une politique de générosité migratoire. Il existe déjà une première ébauche : le Pacte mondial pour les migrations.
Le Canada et le Québec doivent se préparer. La meilleure attitude consiste à devancer les flux migratoires en choisissant ceux qui, dans les caravanes migratoires, cadrent avec la culture et l’économie nationales. Un accompagnement intense doit alors être mis sur pied pour favoriser une intégration harmonieuse. (Voir aussi le rapport de l’OCDE)



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